Douleurs chroniques et récurrentes : quels bienfaits apporte l’hypnose ?

Mal de dos, cervicalgies, arthrose, fibromyalgie, migraines, douleurs neuropathiques, douleurs persistantes après une intervention… La douleur peut avoir de nombreuses origines et prendre des formes très différentes.

Lorsqu’elle dure ou revient régulièrement, elle peut progressivement prendre une place considérable dans la vie quotidienne.

On commence à la surveiller, à anticiper son retour, à éviter certains mouvements ou certaines activités. Parfois même, dès le réveil, une première sensation suffit à penser :

« Aujourd’hui, ça va être une mauvaise journée. »

C’est notamment sur certaines de ces dimensions que l’hypnose peut apporter une aide complémentaire.

La douleur est réelle, mais son expérience peut varier

Une douleur n’est jamais « imaginaire ».

Elle est une expérience produite par notre système nerveux à partir des informations provenant du corps, mais également du contexte dans lequel elles sont interprétées.

L’attention, les expériences antérieures, les attentes, le stress, le sommeil ou encore la perception d’une menace peuvent notamment influencer la façon dont une douleur est vécue.

Vous l’avez peut-être déjà constaté : absorbé par une conversation, un film, une activité ou un moment agréable, vous pouvez momentanément moins penser à votre douleur.

Puis votre attention revient sur votre dos, votre genou ou votre nuque… et vous la ressentez davantage.

La douleur n’était pas imaginaire : c’est la place qu’elle occupait dans votre expérience qui avait changé.

Cette capacité de modulation constitue justement l’un des points d’appui de l’hypnose.

Concrètement, que peut apporter l’hypnose ?

Selon la personne et sa douleur, plusieurs axes peuvent être travaillés.

Modifier certaines sensations.
Une douleur peut être décrite comme une brûlure, un étau, une pression, une lourdeur, une tension ou des décharges.
L’hypnose permet de travailler sur certaines de ces caractéristiques : température, pression, poids, forme, étendue… L’objectif n’est pas obligatoirement de faire disparaître la sensation, mais parfois simplement de la rendre différente ou plus acceptable.

Réduire la focalisation sur la douleur.
Lorsqu’on souffre depuis longtemps, on peut finir par surveiller constamment son corps :
« Est-ce que ça tire ? »
« Est-ce que ça commence ? »
« Est-ce que je vais me bloquer ? »
L’hypnose peut aider à retrouver davantage de souplesse dans l’attention afin que la douleur ne soit plus systématiquement au premier plan.

Travailler sur l’anticipation et la peur.
Après plusieurs épisodes douloureux, certains mouvements ou situations peuvent devenir synonymes de danger avant même d’avoir commencé :
« Si je me penche, je vais me bloquer »
« Si je marche trop, je vais le payer demain »
Lorsque la situation médicale le permet, l’accompagnement peut aider à assouplir progressivement ces anticipations.

Retrouver des activités.
Parce que l’amélioration ne se mesure pas seulement avec une note de douleur sur 10. Recommencer à marcher, jardiner, sortir, jouer avec ses petits-enfants ou simplement passer du temps sans surveiller constamment son corps peut également constituer une évolution importante.

Arthrose, fibromyalgie, dos… mais pas seulement

L’hypnose peut être envisagée comme approche complémentaire dans différentes situations douloureuses : certaines douleurs musculosquelettiques, lombalgies et cervicalgies persistantes, fibromyalgie, douleurs neuropathiques, migraines ou encore certaines douleurs persistant après une intervention.

L’hypnose ne modifie évidemment pas directement une structure anatomique : elle ne fait pas disparaître l’arthrose ou une excroissance osseuse.
En revanche, présence d’une lésion et intensité de la douleur ne sont pas toujours proportionnelles. Une structure peut rester présente tandis que l’expérience douloureuse, elle, évolue parfois considérablement.

On ne travaille pas sur la disparition magique de la cause anatomique, mais sur certaines dimensions de l’expérience douloureuse et sur son retentissement.

Et toutes les douleurs ne se travaillent pas de la même manière. Une personne atteinte de fibromyalgie ne présente pas nécessairement les mêmes mécanismes qu’une personne souffrant d’arthrose ou d’une lombalgie persistante.

L’accompagnement doit donc être individualisé.

Et les douleurs fantômes ?

Elles illustrent particulièrement bien la complexité de la douleur.

Après une amputation, certaines personnes continuent à ressentir le membre absent et peuvent même y ressentir une douleur.

La personne n’invente évidemment rien : différents mécanismes du système nerveux peuvent continuer à produire cette expérience douloureuse malgré l’absence du membre.

De la même manière, certaines douleurs peuvent persister après une intervention ou après la guérison des tissus. Cela nécessite toujours une évaluation médicale, car les causes possibles sont multiples.

Mais ces situations montrent une chose essentielle :
douleur et lésion ne sont pas exactement synonymes.

L’objectif : que la douleur prenne moins de place

L’hypnose antalgique ne consiste donc pas à promettre :
« Vous n’aurez plus mal. »

L’objectif peut être plus réaliste et parfois beaucoup plus utile :
modifier certaines sensations, diminuer la focalisation, réduire l’anticipation et retrouver progressivement davantage de possibilités dans son quotidien.

Parce qu’une évolution importante peut aussi être de pouvoir dire :
« La douleur existe encore parfois, mais elle ne décide plus de tout. »

L’hypnose intervient en complément d’une prise en charge médicale adaptée. Une douleur nouvelle, inexpliquée, inhabituelle ou qui évolue nécessite une évaluation médicale.

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Prendre conscience est une première étape. Passer à l’action est souvent celle qui change tout.

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